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Monter le col de Latrape à vélo : profil et stratégie

Le col de Latrape est court, régulier, et sert presque toujours de hors-d'œuvre à autre chose : le col d'Agnès, Guzet, le pont de la Taule. C'est précisément pour cela qu'il mérite qu'on regarde son profil avant de l'attaquer. Voici les chiffres sourcés des deux versants, et la manière de les gérer.

Par La rédaction Publié le 7 min de lecture
Route en lacets montant vers le col de Latrape dans la forêt, vallée du Garbet en Ariège
La D8F s'élève en lacets boisés entre la vallée du Garbet et celle d'Ustou, jusqu'au col de Latrape.Photo : PierreG 09 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

Le col de Latrape ne se gagne pas, il se gère. Cinq kilomètres à un peu plus de 7 % depuis Aulus-les-Bains, un peu moins de six à une pente comparable depuis Sérac d'Ustou : sur le papier, rien d'intimidant. Dans les faits, ce col se trouve presque toujours au milieu d'une journée plus longue, et c'est là que les erreurs de gestion se paient. Voici ce que disent les relevés, et ce que cela implique sur le vélo.

Deux versants, un même col

Le col de Latrape culmine à environ 1 110 m, sur la D8F, entre la vallée du Garbet (Aulus-les-Bains, à l'est) et la vallée d'Ustou (à l'ouest). Il fait partie de ce que les offices de tourisme du Couserans appellent la route des cols, enchaînement classique avec le col d'Agnès, le port de Lers et le col de la Core.

Versant Aulus-les-Bains. Les sources concordent : 5 km pour 365 à 368 m de dénivelé, soit une moyenne de 7,3 à 7,4 %. Le maximum annoncé est de 10 % sur les relevés classiques ; Climbfinder, qui mesure sur des portions plus courtes, relève 13,3 % sur les cent mètres les plus raides. Autrement dit, la pente moyenne est fiable, et les pointes sont brèves.

Versant Sérac d'Ustou. 5,9 km pour environ 423 m, à 7,2 % de moyenne. Le pourcentage maximal diverge selon les sources : 11 % pour cols-cyclisme, 14,7 % pour la fiche Wikipédia. Retenez qu'il existe au moins un raidillon nettement au-dessus de la moyenne, sans que sa valeur exacte soit établie.

Ces écarts entre relevés sont normaux : ils dépendent du point de départ retenu et du pas de mesure. Travaillez en ordres de grandeur, pas à la décimale.

La physionomie de la montée

Les deux versants partagent le même caractère : une route en lacets, largement boisée, à la pente remarquablement constante. Les témoignages de cyclistes sur cols-cyclisme décrivent une ascension « régulière », oscillant entre 7 et 9 %, sans rupture de rythme marquée. C'est une montée où l'on peut tenir une cadence, s'installer, et où le chronomètre récompense la régularité plutôt que les accélérations.

Côté Aulus, la sortie du village donne le ton immédiatement : pas de kilomètre d'approche pour se mettre en jambes, la pente est là dès les premiers virages. Côté Sérac, le début et la fin sont un peu moins raides, le ventre de l'ascension un peu plus dur — plusieurs cyclistes évoquent un milieu autour de 8 %.

La forêt est un atout l'été : elle protège du soleil. Elle est aussi la raison pour laquelle ce col déçoit ceux qui montent pour le panorama. Les trouées existent, notamment sur le versant d'Aulus, mais la vue dégagée n'arrive qu'en haut. Si vous cherchez des paysages ouverts, le col d'Agnès juste à côté vous les donnera bien mieux.

Les passages qui font mal

Dit franchement : pris isolément, aucun. Latrape est un col de catégorie modeste, 5 à 6 km à 7 %, sans mur. Les passages qui font mal sont ailleurs, dans la construction de la journée.

  • Après la remontée de la vallée d'Ustou. Plusieurs témoignages le signalent : arriver à Sérac avec de la vallée dans les jambes change complètement la perception du col.
  • En enchaînement avec le col d'Agnès. Depuis Aulus, Agnès monte à 1 570 m. Latrape fait alors office d'échauffement — ou de dernier obstacle, selon le sens de la boucle.
  • Les cent mètres les plus raides. Ils existent, surtout côté Ustou. Ils ne durent pas, mais ils surprennent si vous êtes sur un trop gros braquet au mauvais moment.

Quels braquets prévoir

Sur une pente stable autour de 7,5 %, l'objectif est de pouvoir rester assis à une cadence confortable, entre 70 et 85 tours. Les retours de pratiquants sur cols-cyclisme mentionnent des passages réalisés en 34×25 ou 34×28 sans difficulté particulière. Un compact avec une cassette montant à 28 ou 30 dents couvre donc largement le besoin pour un cycliste entraîné.

Mais le braquet ne se choisit pas pour Latrape seul. Si votre sortie comprend le col d'Agnès, le port de Lers ou la montée de Guzet, dimensionnez pour le plus dur, pas pour le plus accessible. Un 34×32, voire un 34×34, n'a rien d'excessif sur une journée à plusieurs cols. Le raisonnement est le même que celui développé pour l'ascension du port de Pailhères, où la longueur impose de garder une marge de développement pour la fin.

Revêtement, circulation, sécurité

La D8F est une départementale de montagne empruntée sept fois par le Tour de France, la dernière en 2017. Les cyclistes qui la décrivent parlent d'une route en bon état. Cela n'autorise pas à descendre les yeux fermés : gravillons après travaux, humidité persistante sous le couvert forestier, feuilles mortes à l'automne et plaques de verglas matinal dès que les températures passent sous zéro.

La circulation reste modérée mais réelle : le col dessert la station de Guzet et constitue un maillon de la route des cols. Attendez-vous à des véhicules en été et pendant la saison de ski, ainsi qu'à des camping-cars et des motos. Les lacets sont serrés et la visibilité y est courte : tenez votre droite en montée comme en descente.

En octobre, la route reste normalement ouverte, mais le col est le départ d'un téléski vers Guzet, ce qui dit assez son exposition hivernale. Vérifiez l'état de la chaussée auprès du Conseil départemental avant toute sortie par temps froid, et renoncez sans états d'âme s'il y a eu neige ou gel pendant la nuit. Dans une vallée où la couverture réseau est inégale, sachez aussi comment alerter les secours depuis un secteur de montagne avant d'en avoir besoin.

Ravitaillement en eau

Les deux pieds du col sont habités : Aulus-les-Bains d'un côté, les hameaux d'Ustou de l'autre, dont Sérac et Le Trein. Ce sont vos points de remplissage, et ils sont à portée immédiate de l'ascension — un avantage que peu de cols pyrénéens offrent.

Entre les deux, ne comptez sur rien. Cinq kilomètres de montée ne justifient pas trois bidons, mais si Latrape s'insère dans une boucle avec Agnès et Lers, c'est au village que vous faites le plein, pas au col. En automne, la fréquentation touristique baisse et les commerces de vallée réduisent leur activité : partez autonome.

La descente

Les deux descentes sont courtes et techniques par leurs lacets plutôt que par leur vitesse. Côté Aulus, 5 km de virages serrés vous ramènent au village : freinez avant les épingles, pas dedans. Côté Ustou, la pente légèrement plus douce en haut et en bas permet de rouler, mais le raidillon médian impose de ne pas laisser filer.

Deux points d'attention en cette saison : le bitume reste froid et humide longtemps sous les arbres, et l'adhérence chute dans les virages en sous-bois ; les feuilles mortes s'accumulent précisément en extérieur de courbe. Couvrez-vous avant de basculer, cinq kilomètres de descente à 1 100 m d'altitude en octobre refroidissent vite.

À retenir

  • Altitude : environ 1 110 m, sur la D8F.
  • Depuis Aulus-les-Bains : 5 km, 365 à 368 m, 7,3 à 7,4 % de moyenne, pointes autour de 10 %.
  • Depuis Sérac d'Ustou : 5,9 km, environ 423 m, 7,2 % de moyenne, au moins un passage nettement plus raide.
  • Caractère : régulier, boisé, en lacets. Récompense la cadence.
  • Eau : aux villages, aux deux pieds du col. Rien entre les deux.

À qui ce col ne convient pas

Latrape est accessible à un cycliste régulier correctement démultiplié. Il ne convient pas à qui découvre la montagne sur un vélo équipé en 39×23 : la pente est trop constante pour qu'on puisse s'en sortir en force. Il ne convient pas davantage à qui cherche de grands horizons, la forêt occupant l'essentiel de la montée.

En revanche, il fonctionne bien comme première ascension pyrénéenne : court, régulier, avec un ravitaillement proche aux deux extrémités et une porte de sortie facile. Si vous construisez votre première journée dans le secteur, les boucles au départ d'Aulus-les-Bains, classées par difficulté croissante, offrent un cadre plus progressif que d'attaquer directement la route des cols dans son intégralité.

Sources

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