Randonner au Donezan : l'étang du Laurenti et ce qu'il demande
Le Donezan est le bout de l'Ariège, derrière le port de Pailhères, et sa randonnée la plus parcourue mène à l'étang du Laurenti. Une montée en forêt, courte mais réelle, qui débouche sur un étang de haute montagne. Voici ce que l'itinéraire demande, et à qui il ne convient pas.
Le Donezan ne se traverse pas par hasard : on y va exprès. Ce canton d'altitude, accroché à l'extrémité orientale de l'Ariège entre l'Aude et les Pyrénées-Orientales, s'atteint par le port de Pailhères ou par les gorges de l'Aude. C'est ce qui explique sa fréquentation modeste, même en août. Sa randonnée de référence, l'étang du Laurenti, résume bien le secteur : une forêt dense de sapins, une montée franche mais courte, et un étang posé à 1 936 m sous le Roc Blanc.
Le point de départ : le refuge forestier du Laurenti
Le départ se fait au parking du refuge forestier du Laurenti, à 1 616 m d'altitude, sur la commune du Pla. On y accède par une route forestière. Deux approches sont décrites : l'une depuis Mijanès par la route forestière de la Bruyante, l'autre depuis Le Pla en passant par Les Soulades. Les topos signalent que la piste est par endroits dégradée et peu adaptée aux voitures basses. Prenez le temps de rouler lentement, et n'hésitez pas à vous renseigner sur l'état de la route avant de partir, surtout après un épisode pluvieux.
Le Donezan est l'un des secteurs ariégeois où l'absence de véhicule se fait le plus sentir : si vous comptez venir en transports, lisez d'abord ce qui existe vraiment pour rejoindre le Donezan sans voiture, car les liaisons sont rares et les points de départ restent éloignés des villages.
Le déroulé du sentier
Un panneau marque le début du sentier, qui s'élève à droite du ruisseau, entre sapins et hêtres. Le premier quart d'heure est doux. Puis la pente se redresse rapidement, jusqu'à une petite clairière. On traverse un ruisseau, la montée repart au même rythme, et après un lacet marqué on rejoint un replat où se tient la cabane de Counc, vers 1 850 m, restaurée en 2011.
De là, il reste une centaine de mètres de dénivelé et une demi-heure de marche pour sortir du couvert et déboucher sur l'étang. Le sentier appartient au GRP du Tour du Pays de Donezan : il est correctement balisé et jalonné de panneaux directionnels aux intersections. Le retour s'effectue par le même itinéraire.
Les chiffres, et ce qu'ils signifient sur le terrain
Les sources consultées convergent : environ 340 m de dénivelé positif pour 5,6 km aller-retour, soit de l'ordre de 2 h 30 de marche sans les pauses. Comptez la demi-journée avec le temps passé au bord de l'eau, qui est l'essentiel de l'intérêt de la sortie.
Ces chiffres classent l'itinéraire comme facile au sens technique : aucun passage exposé, aucune main courante, pas d'orientation délicate. Facile ne veut pas dire plat. La pente est régulière et parfois soutenue, le sentier est encombré de racines et de grosses pierres, et 340 m de montée en forêt se ressentent quand on n'a pas l'habitude. C'est une bonne première randonnée de montagne, à condition d'accepter de monter lentement. Si c'est votre cas, nos repères pour choisir sa première sortie en Ariège vous éviteront les erreurs classiques de rythme et d'horaire.
Repères
- Départ : parking du refuge forestier du Laurenti, 1 616 m, commune du Pla
- Arrivée : étang du Laurenti, 1 936 m
- Environ 5,6 km aller-retour, environ 340 m D+
- Environ 2 h 30 de marche aller-retour, hors pauses
- Balisage GRP du Tour du Pays de Donezan
- Sentiers entretenus pour un usage d'avril à octobre
Prolonger : le Roc Blanc
Depuis l'étang, l'itinéraire se poursuit vers le col de Laurenti puis le Roc Blanc, 2 542 m. Ce n'est plus la même sortie. Les topos donnent, depuis le refuge forestier, de l'ordre de 980 m de dénivelé pour une douzaine de kilomètres et environ 5 h de marche ; certaines variantes plus longues dépassent les 1 000 m et les 7 h. L'accès au col comporte des passages raides, et les derniers mètres sous le sommet demandent de poser les mains sur les blocs.
Autrement dit : le Roc Blanc s'adresse à des randonneurs entraînés, à l'aise hors sentier balisé et capables de juger d'une pente raide. Si vous visez ce type de course à la journée, la logique de préparation est la même que pour l'ascension du pic des Trois Seigneurs : départ matinal, horaire de demi-tour fixé à l'avance, et renoncement assumé si le temps tourne.
Période favorable et conditions
Le topoguide du secteur l'indique clairement : les sentiers sont entretenus pour un usage d'avril à octobre, et ne sont pas sécurisés pour la pratique hivernale, lorsque la neige masque le balisage ou complique l'accès. En pratique, la fenêtre confortable va de la fin du printemps, une fois la neige partie des hauts, jusqu'à la fin de l'automne. En octobre, les hêtres de la montée tournent et la lumière est basse : c'est une belle période, mais les journées raccourcissent et la route forestière peut être prise par le verglas au petit matin.
Dès qu'il y a de la neige au sol, le raisonnement change entièrement. L'itinéraire traverse des pentes et des vallons où le risque d'avalanche existe. La seule référence valable est le bulletin d'estimation du risque d'avalanche de Météo-France, réévalué chaque jour pour le massif concerné : consultez-le systématiquement, et apprenez à lire un bulletin d'avalanche plutôt que de vous arrêter au chiffre du jour.
Les pièges du terrain
- La route d'accès. C'est la première difficulté de la journée. Piste forestière, nids-de-poule, garde au sol limitée. Prévoyez du temps et renoncez si votre véhicule n'est pas adapté.
- Le sentier racineux. Racines et pierres rendent la descente glissante par temps humide. Les chaussures à semelle lisse sont à proscrire.
- La sous-estimation de l'altitude. L'étang est à près de 2 000 m. Il peut y faire frais et venteux alors qu'il fait doux au parking.
- Les troupeaux. Le secteur est pastoral. Chiens de protection et bêtes en estive imposent une conduite précise : notre article sur le comportement à tenir face aux patous détaille quoi faire, et surtout quoi ne pas faire.
- La réserve biologique. L'étang est bordé par la réserve biologique dirigée de Laurenti. Respectez la signalétique sur place, et le feu y est proscrit.
Ce qu'il faut emporter
Rien d'exotique, mais rien d'optionnel non plus : chaussures de randonnée montantes à bonne accroche, un à deux litres d'eau par personne, une couche chaude et un coupe-vent même en été, de quoi se protéger du soleil, une frontale si vous partez tard en automne. La carte IGN du secteur et une trace sur téléphone sont utiles, moins pour l'étang lui-même que pour toute prolongation vers le col ou le Roc Blanc. Les bâtons sont confortables à la descente, sur ce sentier irrégulier.
À qui cette sortie ne convient pas
Elle ne convient pas à qui cherche un parcours roulant et plat : ça monte dès le départ. Elle ne convient pas non plus à qui veut éviter toute route de montagne difficile, car l'approche motorisée est engageante. Enfin, hors de la saison d'entretien, en conditions hivernales, ce n'est plus une randonnée facile mais une sortie neige, avec le matériel, la formation et la vigilance que cela suppose.
Le Donezan se mérite par la route plus que par le sentier. C'est aussi ce qui le préserve.
Sources
- ariegepyrenees.com/en/itineraire/etang-du-laurenti/
- static.apidae-tourisme.com/filestore/objets-touristiques/documents/171
- randonneespourpetitsetgrands.com/index.php/idees-randos/les-pyrenees/1
- randopyrenees.blogspot.com/2020/08/roc-blanc-2542m-et-etang-de-laurent
- randogps.net/cherche/search-commune.php?adr2=Rouze&LatLng=42.730828A2.
- decathlon-outdoor.com/fr-fr/explore/france/ascension-du-roc-blanc-en-p
- alltrails.com/trail/france/ariege/grp-tour-du-pays-de-donezan-etape-1-
- campingdesgrottes.com/blog/camping-ariege-le-laurenti/