Trail autour du mont Fourcat : où courir selon son objectif
Le mont Fourcat culmine à 2001 m au-dessus de Foix et de Tarascon, à moins de trente minutes de voiture des deux villes. Ses versants offrent trois types de terrain très différents : des montées de piste raides, des crêtes larges et roulantes, des traversées forestières longues. Voici comment choisir selon ce que vous venez chercher.
Le mont Fourcat est l'un des rares sommets ariégeois à dépasser 2000 m tout en restant accessible depuis la vallée de l'Ariège en une matinée. Il culmine à 2001 m, à l'extrémité ouest du massif de Tabe, et domine directement Foix, Tarascon et le Pays d'Olmes. Pour un coureur, cette position a une conséquence pratique : on passe du fond de vallée au sommet en une seule montée continue, sans approche interminable. C'est un terrain d'entraînement, pas seulement une sortie contemplative.
Le versant ouest depuis Croquié : la montée de référence
C'est l'accès le plus fréquenté. Le départ se fait au hameau de Croquié, sur la commune de Mercus-Garrabet, au parking des Brougues. Les topos de randonnée donnent pour l'aller-retour estival environ 11 km et 800 m de dénivelé positif, pour un horaire marcheur de 2 h à la montée et 1 h 45 à la descente, en cotation T2 (randonnée en montagne). D'autres topos, partant un peu plus bas vers 1000 m d'altitude, annoncent environ 1000 m de dénivelé.
Pour un coureur, cela donne une sortie courte et dense : la montée s'enchaîne sans replat franc, avec un passage forestier puis une sortie sur la crête vers 1500 m. On laisse un orri sur la gauche vers 1577 m, puis la crête mène au pic de la Lauzate (1800 m) avant le sommet. Le haut est large, herbeux, portant : c'est la partie où l'on peut réellement courir, y compris à la montée si vous êtes en forme.
Ce que cela vaut comme séance : un enchaînement de 800 à 1000 m D+ en une seule fois, idéal pour travailler la montée longue en marche rapide ou en course. Ce n'est pas un terrain technique. Si vous cherchez des appuis difficiles, vous serez déçu.
Le versant sud depuis Cazenave : du dénivelé sec
Le départ de Cazenave, au bord de la RN 20 vers 855 m, propose le profil le plus brutal du secteur. Les topos VTT qui empruntent cette montée décrivent un chemin large, raide dès la forêt, balisé, qui mène au sommet par des passages très raides entrecoupés de rares replats, pour environ 1200 m de dénivelé sur la boucle complète de 22 km.
En trail, cet itinéraire se lit comme une montée sèche de piste et de chemin large : peu d'ombre sur certaines sections, pente soutenue, très peu de relances. C'est le terrain à retenir pour une séance de côte longue ou un test de progression. Ce n'est pas celui à conseiller à quelqu'un qui découvre la montagne : la pente décourage vite et la descente, sur chemin large et caillouteux, tape les quadriceps. Si vous en êtes à vos premières sorties avec du dénivelé, construisez d'abord une base avec une préparation progressive sur six semaines avant d'attaquer ce versant.
Le versant nord depuis Freychenet : sortie longue et traversées
Freychenet, au-dessus de Celles sur la D209, ouvre le côté le moins fréquenté. Deux usages possibles.
L'aller-retour au sommet. Les traces relevées sur cet itinéraire convergent autour de 12 à 13 km pour 1150 à 1200 m de dénivelé positif, avec un point bas vers 840-850 m. La progression est roulante jusqu'aux abords de la cabane de Coulobre, puis la pente se redresse nettement : une trace mentionne 440 m de dénivelé sur 1,5 km dans cette partie haute. C'est la configuration idéale pour une sortie en deux temps : footing en montée douce, puis gros effort.
La boucle en versant nord sans sommet. Un itinéraire décrit depuis Freychenet reste sous le mont Fourcat : 14,26 km, 861 m D+, point haut 1592 m, point bas 808 m, coté difficile, pour 6 h 30 à pied. En course, c'est une sortie longue de milieu de plan, avec beaucoup de sentier et de forêt, et l'avantage de ne pas exposer à la crête quand le temps est incertain.
Les crêtes et le fil du massif : le roulant
Au-dessus de 1600 m, le Fourcat se parcourt sur un fil large. Le sentier de crêtes passant par les « trois hommes » — trois cairns à hauteur d'homme — relie le secteur des refuges au sommet. Le refuge de Prat Moussou (1510 m) et le refuge du Coulobre sont des points de repère utiles pour s'orienter et pour fractionner une sortie. Sur ces portions, la foulée reste fluide, l'herbe est rase, la visibilité est totale.
C'est aussi la partie la plus exposée. Vent, orage, brouillard : la crête n'offre aucun abri et les repères disparaissent vite dans la brume. Si vous visez des traversées plus engagées une fois à l'aise ici, le massif voisin offre un prolongement logique avec les terrains de course autour du pic des Trois Seigneurs, plus hauts et plus minéraux.
Saisons : ce qui change au fil de l'année
De juin à octobre, le Fourcat se court dans de bonnes conditions. L'automne est sans doute la meilleure période : la forêt du bas est fraîche, la crête dégagée, et les journées restent suffisamment longues pour une sortie de deux à trois heures. Les contraintes propres à la saison — lumière qui tombe tôt, sol gras, brouillard de vallée — sont détaillées dans notre article sur ce qui change quand on court en Ariège à l'automne.
En hiver, le sommet est enneigé et le terrain change de nature. Les topos raquette depuis Croquié annoncent alors 13 km et 1100 m de dénivelé pour 3 h 45 de montée et 2 h 45 de descente : la même course prend une autre dimension. Le versant ouest est également un itinéraire de ski de randonnée connu. Dès qu'il y a de la neige hors des pistes damées, la seule référence valable est le bulletin d'estimation du risque d'avalanche de Météo-France, réévalué chaque jour ; apprenez à le lire correctement avant de partir. Nous n'annonçons jamais de niveau de risque à sa place.
Points de vigilance
- Eau. Les versants sont secs en été. Aucun point de ravitaillement fiable n'est à considérer comme acquis sur la crête : partez autonome.
- Troupeaux. Le massif est pâturé en estive. Chiens de protection et bovins sont présents de juin à octobre ; un coureur qui surgit sans bruit est exactement la situation à éviter.
- Orages. La crête sommitale est le pire endroit du secteur en cas d'orage. Avancez l'heure de départ en été.
- Descente. Les pistes du versant sud et le chemin de Croquié sont larges et roulants : la tentation d'y lâcher les freins est forte, l'usure musculaire aussi.
Comment choisir en une phrase. Dénivelé sec et séance courte : Cazenave. Montée de référence et crête roulante : Croquié. Sortie longue et forêt : Freychenet, avec ou sans le sommet.
À qui ce secteur ne convient pas
Le Fourcat n'est pas un terrain de découverte. Quel que soit le versant, on y trouve au minimum 800 m de dénivelé d'un seul tenant, sans échappatoire intermédiaire, et une crête exposée au sommet. Un coureur qui n'a jamais enchaîné plus de 400 m de montée y passera un mauvais moment. En revanche, pour quelqu'un qui cherche un sommet de 2000 m à portée de Foix, avec une montée nette et une partie haute où l'on court vraiment, c'est l'un des terrains les plus efficaces du département.
Sources
- skitour.fr/topos/3940
- rando-marche.fr/_3825_571_randonnees-mont-fourcat-par-croquie
- rando-marche.fr/_38219_97_randonnees-mont-fourcat-par-croquie
- vttour.fr/topos/2822
- outtrip.fr/sommet/mont-fourcat
- visorando.com/randonnee-boucle-depuis-freychenet-en-versant-nord/
- visugpx.com/1299436597
- carnets-de-montagne.com/mont-fourcat-2001-m-depuis-freychenet/